lundi 17 mars 2025

BIENVENUE SUR MARLA'S MOVIES



DERNIERS ARTICLES


       

    


MEILLEURS FILMS DU MOMENT

 

      


JEUX-CONCOURS


     

vendredi 28 avril 2017

LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2 : JE SUIS TON PÈRE (MAIS PAS TROP)






Excitée comme une gosse, je suis allée voir Les Gardiens de galaxie 2 le jour de sa sortie.






Un scénario tombé dans l'hyper-espace



J'aimerais bien vous parler de l'excuse du film, de son alibi scénaristique, mais il n'existe pas. Le scénario a dû tomber dans l'hyper-espace. C'est une joie, bien sûr, de retrouver ces personnages loufoques. 





Mais comme plaisir, il n'y a que cela. Certains films manquent d'enjeu, et d'autres n'en ont pas du tout.



Dans le premier volet des Gardiens de la galaxie, la quête était simple : retrouver un Orbe précieux, qui faisait de vous le maître du monde.



Chris Pratt fasciné par l'Orbe dans Les Gardiens de la galaxie n°1, sorti en 2014
Chris Pratt fasciné par l'Orbe dans Les Gardiens de la galaxie n°1, sorti en 2014


Chris Pratt a l'habitude d'être le maître du monde : dans Jurassic World, il sauve le monde des méchants dinos qui veulent nous bouffer tout crus. Dans Passengers,  il est littéralement seul maître à bord. Chez James Gunn II, il est carrément élevé au rang de Dieu.





Mais là, point d'orbe à aller chercher. La bande de Star-Lord ne cherche rien, d'ailleurs. Ce qui faisait le sel du premier épisode, à savoir l'humour ravageur, tombe à plat ici : répliques fades, attendues, insistance lourde, on rit davantage de fatigue que d'enthousiasme.

Les effets spéciaux sont impressionnants, comme toujours, mais ce n'est pas suffisant. Le charme du tour de manège du premier opus n'agit plus.

On pense une nouvelle fois à Captain EO, mais on ressent une envie folle de revoir le court-métrage avec Jackson, plutôt que de subir  cette mascarade.






Marre. De ses films sans scénario qui ressemblent à des joujoux trop chers. Navrée pour ceux qui payent 11,50 € afin de voir ce feu d'artifice futile.

Joli spectacle ? Rien n'est moins sûr. Tant de couleurs et si peu de choses à dire, c'est déprimant. Ajoutez à cela la consternation de voir Kurt Russell dans cette galère. 




Kurt Russell est le papa de Chris Pratt dans Les Gardiens de la galaxie 2. Quelle chance.
Kurt Russell est le papa de Chris Pratt dans Les Gardiens de la galaxie 2. Quelle chance.


Habituellement, sa participation aux films est bienvenue. Je me souviens de son rôle formidable chez Tarantino, dans Le Boulevard de la mort.




Tarantino l'avait choisi en référence à son succès dans les films de genre des années 80. James Gunn le fait jouer dans Les Gardiens pour la même raison.

Eder, notre spécialiste des blockbusters sur Marla's Movies, parle souvent de l'échec d'un film à cause d'un antagoniste décevant. C'est le cas dans Les Gardiens de galaxie 2. Kurt Russell, malgré tout son charisme, ne parvient pas à sauver ce naufrage intergalactique.


Gâchis d'argent et de talents


On a la sensation, devant Les Gardiens de la galaxie 2, d'un immense gâchis d'argent et de talent. Chris Pratt était si drôle dans le premier épisode, et dans la série Parks and Recreations, qui l'a lancé comme héros ordinaire hilarant.



Chris Pratt joue Andy Dwyer dans Parks and Recreation
Chris Pratt joue Andy Dwyer dans Parks and Recreation

Le côté potache n'étonne plus, quand il faisait la force du premier épisode, véritable vent de fraîcheur dans la galaxie Marvel. Même la BO apparaît ici assez fade, décalée, mais dans le mauvais sens du terme.

Les acteurs s'amusent sans doute entre eux, mais le spectateur, pas forcément. Vous aurez toujours les inconditionnels pour écrire des critiques dithyrambiques sur ce film trop long de 2h20. Il tiendrait en fait dans sa bande-annonce de deux minutes trente. Même le synopsis d'Allociné ne parvient pas à donner l'illusion d'une intrigue :



Musicalement accompagné de la "Awesome Mixtape n°2" (la musique qu'écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l'équipe alors qu'elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu'ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l'univers Marvel.


En Groot pour l'aventure ?



Baby Groot, si mignon à la fin du premier épisode, apparaît ici pour ce qu'il est : un objet de merchandising qui fera la joie de Marvel, et donc de Disney. Quelle tristesse. J'attendais tant de cette nouvelle aventure. Tout est raté dans les Gardiens de la galaxie 2. La recherche du père, qui a fait le succès de Star Wars, est complètement vaine. On avait aussi vite fait de regarder l'excellent Toy Story 2, où Woody se rendait compte que son père n'était autre que son pire ennemi.






Dans Les Gardiens de la galaxie aussi, Star-Lord rattrape le temps perdu avec Papa en jouant à la ba-balle.
Quant aux références qui faisaient le succès du premier volet, elles sont quasiment absentes dans le deuxième, à part le retour de Howard le canard. Je préfère ne pas parler de la présence de Stallone au casting.





Même les clins d'œil du générique de fin peinent à susciter l'attention.

Quel dommage de faire un premier épisode si réussi, et de tomber dans le travers d'un deuxième opus qui ne raconte rien.

Ras le bol. Je me tape un épisode de Parks and Rec ce soir.




Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !


Ça peut vous plaire :



      


lundi 24 avril 2017

GET OUT : ANALYSE DU FILM ET EXPLICATION DE LA FIN (SPOILERS)






Michael Moore a démontré avec talent la peur du Noir aux Etats-Unis dans un passage de Bowling for Columbine :





En fac d'anglais, j'ai vite appris qu'être né homme, noir et pauvre aux Etats-Unis, c'était la merde. Une personne sur sept condamnée à la peine de mort est innocente. Beaucoup d'entre elles sont noires. Préjugés tenaces de l'Amérique blanche, pauvreté, avocat commis d'office, tout le système judiciaire américain défavorise l'homme noir.

Alors que faire ? Du cinéma. Un film engagé qui prouve que le Blanc n'accepte le Noir que s'il est docile, et correspond aux clichés habituels : l'Oncle Tom, la domestique soumise, l'homme discret habillé à la mode coloniale.



L'un des personnages de Get Out, habillé à la mode coloniale
L'un des personnages de Get Out, habillé à la mode coloniale


Jordan Peele a tenu le pari : il a réalisé une allégorie sous forme de film d'horreur pour dénoncer les clichés des Blancs privilégiés sur les Afro-Américains, clichés qui sont aussi ceux d'Hollywood.

Soyons francs : à part le biopic (Ray Charles, Mandela...) et le récent Moonlight, quand est-ce qu'un Noir a eu un rôle nuancé au cinéma ? Un rôle où son personnage est complexe, profond, avec ses contradictions ?



Get Out devrait montrer l'exemple


Le gros défaut de Get Out est que Jordan Peele ne montre pas l'exemple : Chris, son héros, est un mec cool, souriant et diplomate. Il manque de failles, de vérité. Ce n'est pas un personnage complexe. Quant à son meilleur ami, c'est le Noir rigolo, vaguement trouillard et obèse que l'on voit partout ailleurs.



Lil Rel Howery est Rod Williams, meilleur ami de Chris dans Get Out
Lil Rel Howery est Rod Williams, meilleur ami de Chris dans Get Out


Jordan Peele prétend jouer avec les clichés, mais il plonge dedans tête baissée. Le frère lourd de Rose, fiancée de Chris, est aussi un stéréotype ambulant.


Au début du film, le racisme ordinaire est démontré de manière trop appuyée et moralisatrice, notamment lors du contrôle au faciès par le flic suspicieux.

C'est d'autant plus dommage que l'acteur principal, Daniel Kaluuya, a joué dans l'extraordinaire épisode de Black Mirror, "15 millions de mérites." Là, par contre, son personnage était complexe, engagé, non pas pour la cause des Noirs, mais contre le mensonge du monde du spectacle et notre rapport absurde aux nouvelles technologies.


Bing se révolte dans "15 Millions de mérites", deuxième épisode de Black Mirror, de Charlie Brooker
Bing se révolte dans "15 Millions de mérites", deuxième épisode de Black Mirror, de Charlie Brooker


Là aussi, il était dans un couple mixte.



Bing et Abigail dans 15 Millions de mérites
Daniel Kaluuya (Bing) et Jessica Brown Findlay (Abigail) dans 15 Millions de mérites

Quand on voit un couple mixte au cinéma, difficile de ne pas penser à Devine qui vient dîner (1967). Cette comédie de mœurs avait lancé la carrière de Sidney Poitier, la même année que Dans la chaleur de la nuit, qui lui avait valu l'Oscar.







Le film était démonstratif, mais avait-on le choix en 1967 ? Pile 50 ans plus tard, peut-on encore faire un film démonstratif sur la question ?

Get Out dépasse le thème du couple mixte en l'élargissant aux rapports entre Blancs et Noirs, et la domination toujours actuelle des familles bourgeoises que l'on pourrait appeler "bien-pensantes."

J'avais envie de défendre Get Out. J'avais envie de crier au génie, surtout quand j'ai vu  - avec plaisir - le phénomène qu'il générait aux Etats-Unis, et sa note épatante sur Rotten Tomatoes et IMDB.


Get Out : un film (mal) référencé ?



Il était courageux de parler d'un thème sociétal sous forme de film d'horreur émaillé de farce. Mais est-ce efficace ?

Le générique semble intéressant dans sa B.O., et en même temps, Shining ou Funny Games (surtout la version de 2007) le dépassent de beaucoup côté scène angoissante en voiture.








Jordan Peele connaît ses classiques. Il aime Fenêtre sur cour d'Hitchcock et Blow Up d'Antonioni, mais il intègre cette référence avec une maladresse étonnante.




Peele aime aussi les petites musiques à la Hitchcock quand une femme effrayante apparaît à la fenêtre.



Betty Gabriel (Georgina) domestique à la fenêtre dans Get Out
Betty Gabriel (Georgina) domestique à la fenêtre dans Get Out


Et quand cette même femme traverse les couloirs de la maison telle un fantôme, il pense à Jack Clayton ou, plus récemment, à Shyamalan. Hélas, ces références semblent mal digérées. Les jump scares sont clichés.


Vous prendrez bien une tasse de thé ? (Attention Spoilers à partir d'ici)


L'ambiance est particulière dans cette maison bourgeoise, et l'impression de cauchemar est assez bien rendue. Comme toujours, Catherine Keener brille dans un second rôle.


catherine keener et sa tasse de thé dans get out
Catherine Keener et sa tasse de thé dans Get Out


Ça ne vous dit rien, une femme flippante avec sa tasse de thé ?

La tasse de thé effrayante s'est déjà vue
dans Ça de Stephen King, où une vieille dame apparemment inoffensive invitait Beverly à prendre le thé.





Plus récemment, une autre dame charmante nous faisait flipper en remuant sa cuillère dans une tasse de thé.





Ce qui vient surtout à l'esprit en regardant Get Out, c'est une nouvelle de Roald Dahl intitulée "The Landlady."





Dans la nouvelle, une gentille propriétaire invite un jeune homme à prendre le thé, et lui parle de son fils. La vieille dame collectionne les animaux empaillés, mais pas seulement. La fin du texte révèle que la propriétaire a empoisonné le thé du jeune homme afin de l'ajouter à... sa collection.

C'est le même principe pour la famille de Rose Armitage (le nom est proche d'Ermitage, habitation de l'ermite, lieu isolé). La famille blanche collectionne les hommes et les femmes plutôt que les objets. Ils collectionnent ce que Malcolm X aurait appelé les House Negroes, ces esclaves dociles qui aiment un peu trop leurs maîtres.





Comment font-ils pour que ces nouveaux esclaves soient consentants ? La mère Armitage les hypnotise grâce au bruit de sa cuillère dans la tasse de thé. C'est pas un gag. Certains trouveront la scène bien filmée, peut-être, et auront peur en salle. Les autres, hélas, poufferont de rire.

Les Armitage veulent ajouter à leur galerie de personnages un nouveau Noir acceptable pour eux : l'artiste. 



Daniel Kaluuya et Allison Williams dans Get Out, de Jordan Peele (2017)
Daniel Kaluuya (Chris Washington) et Allison Williams (Rose Armitage) dans Get Out, de Jordan Peele (2017)



Même le personnage de Chris est trop sommaire pour qu'on s'y attache vraiment, alors qu'il est doux et intelligent. On aura évité, heureusement, le cliché du Noir musicien. Le fait que Chris soit photographe est une bonne idée, puisque Get Out est un film sur le regard, le point de vue.


Une certaine idée du Vieux Sud


Or, l'homme au regard aiguisé se retrouvera sans regard, hypnotisé par la mère, qui tient toute la ville sous hypnose grâce à sa tasse de thé (on ne rit pas). Elle rappelle en cela une certaine Maryann Forrester dans True Blood.



Maryann Forrester met la ville de Bontemps sous hypnose dans True Blood
Maryann Forrester met la ville de Bontemps sous hypnose dans True Blood


Si True Blood s'attaque aux paradoxes du Vieux Sud avec efficacité, Get Out se contente de personnages sommaires, du prénom de la domestique Georgina - en référence à la Géorgie - et d'un jeu de mots sur Mississippi en fin de film (il s'agit d'une manière de compter lentement : "One Mississippi, two Mississippi...")

Tennessee Williams parle souvent de l'impossibilité d'expier le crime de l'esclavage. Jordan Peele se place à son opposé complet : non seulement la famille Armitage n'essaye pas d'expier le péché de l'esclavage, mais elle s'en délecte, et continue d'asseoir sa puissance sur la domination des Noirs.


Le film détourne au moins le cliché de l'aveugle clairvoyant, mais de manière ridicule, encore : un chasseur de talent aveugle repère la finesse des photos du héros. Sa volonté de voler le cerveau de Chris est une métaphore de ce que les Blancs volent aux Noirs : leur matière grise, après avoir pillé leurs ressources naturelles.


Une fin prévisible


En cela, Peele tient un discours passionnant et choisit la forme difficile du film d'horreur. Hélas, si l'on est fan de films d'épouvante, on devine bien vite la fin. Le fait que Rose, elle-même sous hypnose, soit la rabatteuse des ses parents ne surprendra pas les habitués des films à chute, ni des épisodes de La Quatrième dimension. On pense notamment à "The Lateness of the Hour," où une famille bourgeoise collectionne les robots. Leur fille se plaint de ne jamais sortir de chez elle. Dans un twist typique de la série, on se rend compte qu'elle est robot elle-même.


La fille robot dans "The Lateness of the Hour", épisode de La Quatrième dimension (1960)
La fille robot dans "The Lateness of the Hour", épisode de La Quatrième dimension (1960)


Toujours du côté des séries, le parfait petit monde des Armitage est filmé comme l'utopie effrayante du Prisonnier, autre succès des années 60 : gros plans sur les visages au sourire douteux, malaise omniprésent, couleurs acidulées.



Les habitants de la ville faussement utopique du Prisonnier
les habitants de la ville faussement utopique du Prisonnier


La vidéo de propagande que Chris regarde à la fin de Get Out est carrément pompée sur celles du Prisonnier.

Surtout, dans cette atmosphère qui se veut terrifiante, Peele ajoute des moments comiques qui gâchent l'ensemble. On tombe dans la farce quand Rose écoute la BO de Dirty Dancing sur son iPhone, et Peele use d'un comic relief dans la dernière scène, quand il faudrait un silence tragique.

À la fin du film, surtout, Chris ne devient pas un "field Negro", révolté selon Malcolm X. Il se contente de s'enfuir (d'où le titre, "Get Out") sans réveiller de leur hypnose ses frères et sœurs opprimés.



Bon pour le discours, raté sur la forme


Jordan Peele, dans Get Out, a choisi un parti pris esthétique courageux pour dénoncer le rapport entre les Noirs et les Blancs aux États-Unis : celui du film d'horreur. Le discours qu'il tient sur les Noirs clichés, les seuls acceptables par les Blancs, est très bien vu. Mais parce qu'il ne présente pas lui-même de personnages noirs complexes, il échoue dans sa démonstration. S'il est cinéphile et sériephile, ses références tombent à plat et s'avèrent grossières. Le comique gâche aussi la terreur provoquée par la famille Armitage qui, hélas, ressemble à tant d'autres.




Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !


Ça peut vous plaire :


    


Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !